Ce que les 34 % couvrent vraiment
Au micro-BNC, vous êtes imposé sur 66 % de vos recettes : l’abattement forfaitaire de 34 % est réputé couvrir toutes vos charges. Toutes — c’est-à-dire le loyer du cabinet, le matériel, la RCP, le véhicule, la comptabilité… et vos cotisations URSSAF et de retraite (CARMF, CARPIMKO…). Rien ne se déduit en plus, jamais.
Or faites le compte : pour un professionnel de santé, les cotisations obligatoires représentent à elles seules de l’ordre de 15 à 22 % du bénéfice selon le statut et le conventionnement. Ajoutez un loyer, une assurance, des déplacements — et le total de vos charges réelles dépasse les 34 % bien plus souvent qu’on ne le croit. Chaque euro au-delà est un euro que le micro vous fait imposer à tort, à votre tranche marginale, plus les cotisations calculées sur cette base gonflée.
La comparaison honnête : ce qui reste en poche
Le bon raisonnement ne compare pas des abattements, il compare ce qui reste en poche. Car au micro, vos charges réelles sont dépensées quand même — le forfait ne vous les rembourse pas, il les ignore. À la déclaration contrôlée (le « réel », avec la 2035), chaque charge et chaque euro de cotisation vient réduire la base imposable ET la base des cotisations suivantes : l’effet est double.
Quand le micro reste le bon choix
Soyons justes : le micro est excellent dans de vrais cas. Un remplaçant sans local ni matériel, une activité accessoire, un démarrage aux charges quasi nulles, un praticien hébergé à titre gratuit — quand les charges réelles plus les cotisations restent nettement sous les 34 %, le forfait gagne et simplifie. Le problème n’est pas le micro : c’est le micro choisi par défaut, sans calcul, et conservé par habitude quand un local, un salarié ou du matériel sont arrivés entre-temps.
Les trois moments où il faut refaire le calcul
À l’installation — le choix initial engage l’année entière. À chaque changement — prise d’un local, achat d’équipement, embauche, collaboration : la structure de charges bouge, le régime optimal aussi. À l’approche du plafond — au-delà de 77 700 € de recettes, la question se règle d’elle-même : la déclaration contrôlée s’impose, autant l’avoir anticipée plutôt que subie. L’option pour le réel se prend dans les délais de déclaration — un rendez-vous manqué se paie douze mois.
Questions fréquentes
La 2035, c’est vraiment si lourd ?
Puis-je passer du micro au réel en cours d’activité ?
Mes cotisations seront-elles les mêmes dans les deux régimes ?
Article à jour en août 2026. Seuils et taux selon les règles générales (plafond micro-BNC susceptible de revalorisation) ; la situation des praticiens conventionnés secteur 1 comporte des spécificités. Cet article ne remplace pas un examen de votre dossier.