Le BNC : simple, lisible, et intégralement imposé
En exercice individuel, votre bénéfice est imposé à l’impôt sur le revenu l’année où il est réalisé, que vous le dépensiez ou non. Avec une tranche marginale à 41 % ou 45 % plus les cotisations, chaque euro gagné au-delà de vos besoins est lourdement ponctionné avant même d’être épargné. C’est le vrai problème du BNC pour les gros revenus : il ne connaît pas la différence entre ce que vous consommez et ce que vous capitalisez.
Au régime micro-BNC, accessible jusqu’à 83 600 € de recettes, l’abattement forfaitaire de 34 % remplace vos frais réels. Or les charges réelles d’un médecin secteur 1 dépassent souvent ce forfait : URSSAF, CARMF, RCP, local, matériel. Sur ce point, notre comparateur micro-BNC ou frais réels tranche en deux minutes, et notre note sur le piège des 34 % détaille le mécanisme.
La SELARL : l’écran de l’impôt sur les sociétés
En SELARL, le bénéfice est imposé à l’IS : 15 % jusqu’à 42 500 €, 25 % au-delà. Vous vous versez une rémunération, déductible, imposée classiquement, et vous laissez le surplus dans la société, où il n’a supporté que l’IS. C’est ce différentiel qui finance un plateau technique, le rachat de parts de clinique, ou une épargne investie via une holding.
La sortie en dividendes, elle, coûte la flat tax de 31,4 % depuis le 1er janvier 2026, avec en SELARL une particularité qui pique : la fraction de dividendes excédant 10 % du capital supporte en plus les cotisations sociales du gérant majoritaire. La SELARL est donc un outil de capitalisation, pas un outil de distribution.
La règle de décision, en une phrase
La société devient intéressante quand vous laissez durablement dans l’entreprise plus de 30 000 à 40 000 € par an après votre train de vie. En dessous, ses coûts fixes, comptabilité renforcée, assemblées, formalités, soit 2 000 à 4 000 € par an, mangent le gain fiscal. Au-dessus, l’écart se creuse chaque année en faveur de la SELARL, et il se compte vite en dizaines de milliers d’euros sur une carrière.
Notre simulateur rémunération ou dividendes permet de tester le couple rémunération et distribution sur vos propres chiffres.
Ce que le passage en société change aussi
- Les cotisations retraite. La CARMF calcule sur la rémunération et sur une partie des dividendes : baisser fortement sa rémunération réduit aussi les droits futurs. L’arbitrage se fait retraite comprise, pas sur le seul impôt de l’année.
- La déontologie. La SELARL de médecin obéit au code de la santé publique et au contrôle de l’Ordre : détention du capital, conventions, cumuls. Le montage se valide avant, pas après.
- Le passage lui-même. Apport du droit de présentation de la patientèle, éventuel commissaire aux apports, fiscalité de l’apport : l’opération se prépare sur un exercice complet, idéalement calée sur votre date de clôture.
- Le retour en arrière. Il est coûteux. On ne passe pas en société pour essayer ; on y passe parce que le calcul le justifie durablement.
Les trois profils, en pratique
Le remplaçant ou le jeune installé sous 83 600 € de recettes : micro-BNC ou déclaration contrôlée selon les charges réelles, et la société attendra. Le secteur 1 installé autour de 120 000 € de bénéfice qui consomme l’essentiel : la déclaration contrôlée bien optimisée fait souvent jeu égal. Le secteur 2 ou le praticien à plateau technique qui dégage un excédent durable : c’est le profil SELARL, éventuellement complété d’une holding le jour où les excédents deviennent importants.
Questions fréquentes
Quel est le plafond du micro-BNC en 2026 ?
À partir de quel revenu la SELARL devient-elle intéressante ?
Les dividendes de SELARL supportent-ils des cotisations sociales ?
Le passage en SELARL réduit-il ma retraite CARMF ?
Combien coûte le fonctionnement d’une SELARL ?
Article à jour au 1er septembre 2026. Sources : article 102 ter du code général des impôts et loi de finances pour 2026 pour le plafond micro-BNC de 83 600 € applicable de 2026 à 2028, article 219 pour les taux d’impôt sur les sociétés, loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 pour les prélèvements sociaux portant la flat tax à 31,4 %, article L. 131-6 du code de la sécurité sociale pour les dividendes du gérant majoritaire. Cet article ne remplace pas l’examen de votre situation.

Ilann Assaraf
Expert-comptable et commissaire aux comptes, fondateur d’ELIA Expertise et Audit. Inscrit à l’Ordre des experts-comptables de Paris Île-de-France et sur la liste des commissaires aux comptes (H2A).
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