Le mécanisme, en quatre temps
- Vous créez une holding, que vous contrôlez seul ou avec vos proches, ou un investisseur minoritaire.
- La holding achète vos titres, en partie avec un emprunt bancaire, en partie avec un apport de titres que vous faites vous-même.
- Vous encaissez le prix de la partie vendue : c’est le cash-out, imposé comme une plus-value de cession.
- La société remonte des dividendes à la holding, quasi exonérés par le régime mère-fille, et ces remontées remboursent l’emprunt sur six à sept ans.
À l’arrivée, vous détenez toujours l’entreprise à travers la holding, vous avez sécurisé une partie de votre patrimoine hors risque professionnel, et c’est le résultat futur de la société qui a financé l’opération.
La fiscalité, poste par poste
Sur la partie vendue : plus-value imposée à la flat tax de 31,4 % en 2026, ou au barème avec les abattements pour durée de détention sur les titres acquis avant 2018. Notre simulateur de plus-value de cession chiffre les deux options sur vos montants.
Sur la partie apportée : l’apport à votre propre holding place la plus-value en report d’imposition, le fameux article 150-0 B ter. Rien à payer au jour de l’apport, mais le report vit sa vie et impose ses règles, notamment si la holding revend les titres dans les trois ans.
Sur les remontées de dividendes : le régime mère-fille limite l’imposition à une quote-part de 5 %, soit un frottement d’environ 1,25 % ; en intégration fiscale, la quote-part tombe à 1 %.
Ce que la banque regarde vraiment
Le crédit d’OBO se rembourse avec les dividendes futurs : la banque finance donc la récurrence du résultat, pas la belle histoire. Elle regarde trois choses : un résultat d’exploitation stable sur trois exercices, une dépendance raisonnable au dirigeant, et un levier prudent, la dette représentant en pratique trois à quatre fois l’excédent brut d’exploitation au maximum. Un OBO se prépare comme une cession : comptes propres, immobilier isolé, contrats clés formalisés.
Les pièges qui coûtent cher
L’abus de droit : un OBO purement fiscal, sans logique patrimoniale ou de transmission, s’expose à la remise en cause. L’opération doit avoir une substance : entrée d’un associé, préparation de la transmission, diversification réelle du patrimoine.
La sur-dette : une holding trop endettée asphyxie la société d’exploitation, qui remonte tout et n’investit plus. Le bon OBO laisse de la capacité d’investissement en bas.
Les seuils de groupe : un groupe holding et filiale qui dépasse deux des trois seuils de 5 M€ de bilan, 10 M€ de chiffre d’affaires et 50 salariés doit nommer un commissaire aux comptes ; l’obligation d’établir des comptes consolidés ne joue qu’au-delà de deux des trois seuils de 30 M€ de bilan, 60 M€ de chiffre d’affaires et 250 salariés. Notre simulateur consolidation et CAC le vérifie en deux minutes.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un OBO exactement ?
Comment est imposé le cash encaissé dans un OBO ?
Qu’est-ce que le report d’imposition de l’article 150-0 B ter ?
Quel niveau de dette une holding d’OBO peut-elle porter ?
Un OBO peut-il être requalifié par l’administration ?
Article à jour au 1er septembre 2026. Sources : article 150-0 B ter du code général des impôts tel que modifié par la loi de finances pour 2026 pour le report d’imposition et le réinvestissement de 70 % applicable aux cessions à compter du 21 février 2026, articles 145 et 216 pour le régime mère-fille, loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 pour la flat tax à 31,4 %. Cet article ne remplace pas l’examen de votre situation.

Ilann Assaraf
Expert-comptable et commissaire aux comptes, fondateur d’ELIA Expertise et Audit. Inscrit à l’Ordre des experts-comptables de Paris Île-de-France et sur la liste des commissaires aux comptes (H2A).
